Linky, un ancien installateur raconte : « On nous demandait de mentir au client »

 

 

Thierry est électricien. Il a posé des compteurs Linky pour un prestataire de service d’Enedis pendant un an. Entre formation sommaire, prime au rendement et contrôle strict des techniciens, il raconte à Reporterre les coulisses du déploiement du compteur communicant.

 

  • Marseille (Bouches-du-Rhône), correspondance

Dans un accent occitan prononcé, il parle fort, et vite. Pour « vider son sac »,comme il dit. Thierry parle de souffrance au travail, d’un rythme effréné, et d’une pression extrême. À 53 ans, cet électricien posait des compteurs Linky pour le compte d’un prestataire de service d’Enedis (ex-ERDF) dans la région d’Aix-en-Provence. Il n’a pas tenu plus d’un an.

À l’origine, il y a ce petit boîtier vert et blanc. Le compteur Linky. Son déploiement sur tout le territoire a été voté dans la loi de transition énergétique adoptée en juillet 2015. L’objectif à atteindre : 35 millions de compteurs posés d’ici 2021. Alors, forcément, il faut aller vite. À raison de 30.000 compteurs posés par jour.

En 2015, Enedis a lancé un appel d’offres. « Pour assurer les objectifs et tenir les délais, il n’y avait pas vraiment le choix », confie un syndicaliste d’Enedis Force ouvrière. Une trentaine de sociétés privées ont répondu présent et ont fourni la main-d’œuvre nécessaire. Elles sont aujourd’hui 80, et emploient au total 5.000 personnes, indique Enedis à Reporterre. Thierry, lui, a été embauché en septembre 2016 par le prestataire Energy Dynamics, basé à Toulouse et qui opère sur une bonne partie du sud-est du pays. En même temps que lui ont été embauchés vingt autres « installateurs Linky ». « Mais pas que des électriciens, hein ! lâche Thierry, amer. Il y avait des maçons, des informaticiens, ou encore des étudiants qui n’avaient jamais travaillé. »


 

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