Compteurs Linky: de l’électricité dans l’air (article complet)

23/04/2018

 

 

 

Venus des quatre coins du Haut-Rhin et du Centre Alsace, les manifestants anti-compteur Linky ont pu faire passer leur message de sensibilisation en distribuant des tracts, hier, dans le centre-ville de Colmar. Une délégation de six personnes a été reçue et entendue par un représentant du préfet du Haut-Rhin.

 

Ils étaient hier au bas mot au moins 500 manifestants devant la grille de la préfecture du Haut-Rhin, essentiellement des personnes d’un certain âge déterminées à refuser l’installation du compteur électrique «   évolué  » Linky

 

Pourquoi ? Pour une kyrielle de raisons, énumère Pierre-Marie Theveniaud, membre du collectif Stop-Linky-Mulhouse et président de Robin des toits : exploitation de données personnelles sans autorisation de l’usager, augmentation du brouillard électromagnétique dans l’habitation, surévaluation de la consommation électrique, risque d’explosion et d’incendie, perturbation des appareils électroménagers, etc.

« Sur la défensive, puis à l’écoute »

Avant même son déploiement, le compteur Linky avait déjà réussi à se faire une armée d’ennemi(e)s partout en France (et en Europe), y compris parmi des élus dont certains ont pris des délibérations exprimant leurs doutes, leurs réticences, voire leur refus de déclasser les anciens compteurs, en phase d’ailleurs avec leurs administrés. «   Nous nous sommes fait débouter par le tribunal administratif alors que nous demandions juste un moratoire  » , s’insurge Serge Nicole, maire de Wintzenheim, au sortir d’une entrevue avec Emmanuel C oquand. Une petite délégation de quelques personnes a en effet été reçue poliment par le directeur de cabinet du préfet du Haut-Rhin, lequel se serait engagé «   à faire remonter les informations  » recueillies, vers le ministère concerné, voire même le secrétariat de la présidence. «   D’abord sur la défensive  » , le sous-préfet se serait montré «   très à l’écoute  » des arguments déroulés par la délégation dont faisait partie Patrick Richardet, instigateur de la mobilisation au nom du groupe Santé Colmar.

« 95 % des gens sont contre »

Pendant ce laps de temps, devant la grille de la préfecture bien gardée, des banderoles ont été fixées, arborant un florilège de slogans ; des manifestants portent haut des pancartes et des slogans ont été concoctés pour être scandés en chœur sur le pavé colmarien : «   L inky, mensonge, arnaque, danger   » , «   Liberté de refuser, Linky imposé, au mépris de la santé   » , «   Principe de précautions, parce que nous le valons   » , etc.

Des bus entiers ont rallié la rue Bruat à Colmar pour débarquer des habitants du Sundgau, de la vallée de la Doller, de la Thur, du vignoble, du Ried et du Centre Alsace, y compris du Bas-Rhin. Des habitants d’Ohnenheim (1000 habitants) sont fiers de rappeler qu’ils ont récolté 350 signatures en défaveur du compteur «   intelligent  » couleur pistache.

Le maire de Colmar aurait été destinataire de 20 000 signatures. Sylviane, une Colmarienne, a distribué, entre Ingersheim et Guebwiller, pas moins de 700 tracts. «   Tous m’ont encouragé ; 95 % des gens rencontrés sont contre  » , avance cette militante du groupe Santé Colmar.

Au micro, un membre de ce même collectif égrène les incidents relevés dans la région, après l’installation du compteur. «  Les sapeurs pompiers de Mulhouse auraient reçu l’ordre de ne plus parler des interventions de secours liées au compteur Linky.   » Huées dans la foule. L’office religieux de Sundhoffen aurait été interrompu par des coupures intempestives du compteur. Un homme dans la foule fait rire tout le monde en trouvant à Linky un surnom marrant : «   Stinky  » qui signifie « puant » en trois langues dont l’alsacien.

« Je dis attention »

Des témoignages de personnes électrosensibles se succèdent ensuite au micro. Annick, une habitante de Bréchaumont, raconte son calvaire, ses difficultés de concentration, ses maux de tête à répétition, cette sensation d’essaim dans la tête. Puis le cortège se met en mouvement, vers le centre-ville.

Parmi les manifestants, deux sœurs de la vallée de la Thur : Christine, électrosensible, et Karen. La première s’est découvert une hypersensibilité aux ondes il y a 4 ans. « Je dis attention car ça ne prévient pas.  » Sa sœur tricote une chaussette en laine, tout en marchant. «   Je suis là aussi parce que l’on intervient de plus en plus dans la vie des gens ; on enfreint de plus en plus la charte internationale des droits de l’Homme. De toute façon, Linky, on n’en a pas besoin.  »

 

Source : https://c.lalsace.fr/actualite/2018/04/22/de-l-electricite-dans-l-air

 

 

 

 

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