Uffheim :Le compteur de la discorde

20/04/2018

 

 

Les membres du collectif anti-Linky d’Uffheim et environs ferraillent avec les maires qui appliquent la loi, dont celui de Sierentz, président du syndicat d’électricité et de gaz du Rhin. Les uns s’inquiètent des conséquences sur la santé, les autres parlent d’intox

 

Créé en septembre dernier, le collectif anti-Linky d’Uffheim et environs tire aujourd’hui la sonnette d’alarme, dénonçant le fait que les « sociétés installatrices » des compteurs Linky « ont eu ordre de se focaliser sur la région de Sierentz et environs et s’y mettent activement ». « Nous avons demandé à Jean-Marie Belliard, maire de Sierentz et président du syndicat d’électricité et de gaz du Rhin, un moratoire de trois ans, pour suspendre le déploiement des compteurs. Mais ils sont déjà en train d’être installés, comme s’ils se dépêchaient de le faire » , observe Geneviève Weis.

« Toxicité » et « dégâts sur la santé »

Selon cette Sierentzoise, s’il est « difficile d’évaluer les retours » , plus de 350 foyers se sont prononcés contre la pose de compteurs Linky. À Uffheim ? Ils seraient 130 environ, sachant que la commune en compte 400. Sans refaire le débat, les membres du collectif s’inquiètent de la « toxicité » de ces compteurs communicants, liée « aux concentrations d’ondes ». Et des « dégâts sur la santé »  : « Si quelqu’un a un pacemaker ou un appareil auditif, c’est contre-indiqué. Nous demandons que les écoles soient dispensées de compteurs » , poursuit Élisabeth Munch, d’Uffheim.

Il semblerait qu’en France, « nous soyons comme sur un îlot ». « L’Allemagne et la Suisse, assez pragmatiques, n’en ont pas voulu. Pas plus que la Belgique et l’Espagne. Après en avoir installé, les États-Unis et le Canada ont aussi fait marche arrière » , poursuit la militante du collectif anti-Linky.

Des courriers ont été envoyés aux maires d’Uffheim et de Sierentz. Sierentz où, Geneviève Weis le déplore, les membres du collectif n’ont pas été reçus par Jean-Marie Belliard mais par son directeur des services. « Comme s’il se sentait mal à l’aise par rapport à la situation » , avancent encore les deux femmes.

« Il faut faire confiance aux chercheurs »

« Mon agenda n’est pas aux bottes de ces dames mais si elles me redemandent un rendez-vous, je les recevrai , rétorque Jean-Marie Belliard. Qu’il y ait des interrogations, je le comprends. Mais il faut faire confiance aux dispositions prises aujourd’hui, aussi bien par le gouvernement que par les bureaux de contrôle » , poursuit le maire, tout en notant une « désinformation abusive et mensongère » de la part des anti-Linky. « Sur les questions de santé, je ne juge pas car je ne suis pas médecin. Mais il faut faire confiance aux chercheurs. »

Même son de cloche chez son homologue d’Uffheim. « Il y a eu beaucoup d’intox sur le sujet. Cancers, acouphènes, maisons qui brûlent à la suite de la pose de ces compteurs… Je comprends l’inquiétude des gens mais c’est une loi et en tant que maire, je ne vais pas aller contre la loi » , indique Christian Martinez, qui ne se voit pas faire passer une délibération au conseil municipal contre les compteurs d’Enedis. « Si c’est pour que le préfet saisisse le tribunal administratif… »

 

En attendant, les anti-Linky sonnent une nouvelle fois le rassemblement, ce samedi à 15 h, devant la préfecture de Colmar.

 

Source : https://www.lalsace.fr/haut-rhin/2018/04/18/le-compteur-de-la-discorde

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