Linky ? Cela bouge dans le Bas Rhin

21/03/2018

 

 

https://www.dna.fr/edition-de-obernai-barr-rosheim/2018/02/11/linky-deplace-les-foules

 

Gertwiller - Débat

Linky déplace les foules

 

Jean-Yves Rétif, conseiller municipal de Gertwiller, avec l’accord de ses collègues et du maire, a invité le collectif Linkynonmercibruchepiémont, vendredi, pour une réunion d’information sur le compteur Linky qui provoque une fronde croissante dans l’opinion.

 

Jean-Yves Rétif et Bernard Supper  avaient souhaité un débat où chacun puisse s’exprimer.  

 

Près de 200 personnes ont assisté à cette soirée débat, dont la première partie concernait le compteur proprement dit.

 

De nature à faire bouger les lignes ? 

 

Bernard Supper électricien à la retraite, géobiologue et membre du collectif, l’a présenté de manière claire et pédagogique – quoiqu’un peu technique par moments.

 

La moitié de la salle a entendu ce qu’elle était venue chercher : une confirmation de la nocivité du compteur à tous points de vue, celui-ci étant même pointé du doigt depuis peu par la Cour des comptes.

 

L’autre partie de la salle se composait d’indécis qui le sont restés et de quelques individus sans opinion au départ qui, du fait d’un exposé à charge, n’étaient pas plus avancés.

 

La seconde partie animée par André Hatz, invité par le collectif, proposait au public la méthode pour arriver à se faire entendre en cas de refus d’installation.

 

La question des ondes négatives que le compteur serait censé émettre a suscité plusieurs questions au cours du débat, animé.

 

Pourtant, on pouvait s’interroger si l’on ne s’était pas trompé de sujet alors que téléphones portables et autres box wifi utilisés tous les jours seraient potentiellement bien plus dangereux.

 

Interrogations sans réponses

 

Les affirmations des uns et des autres, sans véritables preuves, n’ont pas éclairci les nombreuses zones d’ombre : ce compteur est-il réellement néfaste, ruineux, constitue-t-il une intrusion dans la vie privée, pourrait-il être piraté, a-t-on le droit de s’opposer à son installation, qui est propriétaire des compteurs, qu’en pense l’Europe ?

 

Si réellement il y a un risque pour la santé publique, le débat contradictoire accompagné de juristes neutres, d’élus, décideurs locaux informés et techniciens compétents, doit avoir lieu sans tarder.

 

Chantal Huchelmann de Gertwiller, n’avait pas d’opinion arrêtée et restait indécise à l’issue du débat alors que Michel Reimel, lui aussi du village, se montrait fermement opposé à toute méthode autoritaire.

 

 

Édith et Jean-Paul Weber, de Goxwiller, s’avouaient eux aussi plutôt inquiets vis-à-vis de Linky ; mais regrettaient aussi le manque de contradicteurs dans la soirée. Quant à Roland Storck, le président de Nature et Vie, il « ne se pronon[çait] pas sur les ondes » mais soulignait « le flou sur le devenir des dizaines de millions de compteurs anciens en état ».

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https://www.dna.fr/edition-de-obernai-barr-rosheim/2018/03/06/en-l-etat-je-ne-vois-pas-l-interet-de-deliberer-contre-linky

 

Saint-Pierre - Trois questions à… Denis Ruxer

« En l’état, je ne vois pas l’intérêt de délibérer contre Linky »

 

Après Gertwiller, le collectif Linky-non-merci-Bruche-Piémont a tenu une autre réunion la semaine dernière dans le Pays de Barr, à Saint-Pierre, pour dénoncer le nouveau compteur. Denis Ruxer, le maire de la commune hôte, tout en s’affichant « ni pour, ni contre », précise sa position sur ce sujet polémique.

 

 

Les opposants mettent en avant les nuisances qu’aurait Linky sur la santé, les risques pour la sécurité et la vie privée… « Nous sommes traversés par des champs magnétiques plus ou moins forts de façon permanente. Pour certains, cela pose un problème car ils y sont hypersensibles. Cependant, les transmissions des données [de Linky] ont lieu une fois par jour, de nuit, pendant 10-15 minutes et non pas toutes les dix minutes. Le courant porteur de ligne, si souvent décrié lors de la soirée, est sûrement le moins perturbant des moyens de transmissions des données. Quant à s’opposer à l’exploitation des données, c’est une ineptie, car le traçage de chacun est déjà fait par les téléphones portables ou les cartes de paiement. Bon nombre de nos habitudes sont déjà connues des collecteurs de « big data » par le biais d’internet (achats en lignes, loisirs…) ».

 

Vous approuvez donc le remplacement systématique des compteurs par des Linky ?

 

« La mise au rebus des compteurs en état de marche, électroniques ou pas, est une ineptie environnementale ».

 

Proposerez-vous au conseil municipal de Saint-Pierre de délibérer contre Linky, comme l’ont fait d’autres communes ?

 

« Chacun a le droit, individuellement, d’accepter ou non cet équipement. D’après les textes, la commune est propriétaire des compteurs mais, contrairement à ce qui a été dit [lors de la réunion], elle en rétrocède l’usage au gestionnaire. Quand il y a une panne, vous n’appelez pas le maire mais le prestataire qui fournit l’électricité. Il est facile de jeter la responsabilité sur la collectivité. Dans l’état actuel, je ne vois pas l’utilité de délibérer ».

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https://www.dna.fr/edition-de-obernai-barr-rosheim/2018/03/17/des-anti-linky-qui-veulent-convaincre

 

Piémont des Vosges

Des anti-Linky qui veulent convaincre

 

Un collectif de citoyens opposés au compteur électrique communicant a vu le jour dans le Piémont des Vosges. Bien préparé, il a entamé un cycle de réunions publiques pour montrer que rien n’est perdu.

 

La mobilisation anti-Linky ne passe pas par la rue dans le Piémont  mais par des réunions publiques. La prochaine a lieu mercredi à Obernai. 

 

Pour les anti-Linky du Piémont des Vosges, il y a urgence. Au moins 60 des compteurs tant décriés ont été installés dans quatorze communes du Pays de Barr par Enedis (ex-ERDF), a priori dans des logements neufs. Le remplacement des anciens devrait intervenir entre novembre 2018 et avril 2019. Plus au nord, c’est Électricité de Strasbourg Réseaux qui est compétent. Leur site internet ne donne pas autant de détail.

 

« Enedis n’est pas autorisé à démonter les compteurs tant qu’il n’y a pas de décision de la commune »

 

Il y a un peu moins d’un an, un collectif de citoyens s’est constitué à l’échelle du Piémont des Vosges et de la Vallée de la Bruche pour alerter la population sur les changements qu’induiront Linky.

 

La plupart font peur au collectif (lire ci-contre) , qui ne s’est pas lancé la fleur au fusil dans son action. « On a procédé par étapes, détaille André Hatz, de Gertwiller, qui a apporté son expérience de porte-parole de Stop Fessenheim. D’abord, on s’est bien documentés avec des articles, des témoignages. Ensuite, on a suivi des conférences, comme à Sélestat, où Enedis a aussi présenté ses arguments. Puis on s’est lancés dans les conférences après avoir passé le contenu plusieurs fois au banc d’essai. »

 

Bernard Supper, de Mollkirch, qui a une maîtrise d’électrotechnique et est sourcier, a pris le rôle de conférencier, s’appuyant sur un Power Point documenté et attractif réalisé en interne. Le collectif, qui compte une douzaine de membres, revendique 180 personnes présentes à sa réunion à Gertwiller, 110 à celle de Saint-Pierre.

 

« À chaque fois, on prévient les élus et on leur propose une mini-conférence pour eux en amont, pour qu’ils prennent conscience de leurs responsabilités et puissent réfléchir à leur démarche pour soutenir la population. » Car André Hatz est formel : il s’appuie sur un point du code de l’énergie et sur une déclaration du Premier ministre au Sénat en 2016 pour assurer que les compteurs n’appartiennent ni aux particuliers, ni au distributeur d’électricité, mais bien aux communes. « Si je suis victime d’un compteur Linky demain, vers qui je vais me tourner ? Vers le propriétaire », met en garde le militant.

 

Il rappelle que 550 communes en France ont pris des délibérations pour empêcher le remplacement des anciens compteurs par des Linky, dont 25 en Alsace, surtout dans le Haut-Rhin. Dans le Piémont, Mittelbergheim l’a retirée et Heiligenstein l’a maintenue. Dans la vallée de la Bruche, Russ a pris une délibération similaire. « Enedis n’est pas autorisé à démonter les compteurs tant qu’il n’y a pas de décision de la commune », soutient André Hatz, mais ils agissent comme des voyous. » Il conseille « aux maires courageux » de suivre la méthode en trois points élaborée par un cabinet d’avocat mandaté pour faire entrave aux Linky.

 

Réussir à rencontrer les maires

 

Il ne désespère pas d’en convaincre d’autres, mais sait que c’est difficile. « Je ne veux pas taper sur les élus, j’ai moi-même été adjoint au maire dans le passé. Ils ont le cul entre deux chaises. Leur but est de défendre la population, mais ils ont toujours le sentiment d’être subordonnés au préfet, qui fait pression pour Linky. C’est plus facile de s’incliner que de se relever, comme le maire de Heiligenstein. »

 

Prochaine étape, après la conférence à Obernai : le collectif souhaite réussir à proposer sa conférence à l’ensemble des maires du Pays de Barr, pour faire contrepoint à une réunion d’information à ses collègues que prévoit le maire d’Andlau, et qui sera animée par Enedis.

 

Réunions publiques mercredi 21 mars à 20 h 15 et vendredi 27 avril à 20 h au centre Arthur-Rimbaud d’Obernai. linkynonmercibruchepiemont@ gmail.com

 

 

https://www.dna.fr/edition-de-obernai-barr-rosheim/2018/03/17/ce-qu-ils-denoncent

 

Ce qu’ils dénoncent

 

❏ LE DANGER SANITAIRE. Le compteur Linky récupère à distance les données de consommation de chaque abonné. Cela implique de faire circuler du CPL (courant porteur de ligne) dans les fils électriques. Or cette technologie émet des ondes électromagnétiques, classées cancérogènes possibles par l’OMS….au même titre — mais beaucoup moins fortement — qu’un sèche-cheveux ou un fer à repasser, affirme Enedis.

 

Mais ces mesures sont contestées et André Hatz avance qu’« on a tous des téléphones portables, moi aussi. Mais je peux le couper si je veux, ou l’éloigner. Pas le Linky ». Or un rapport de l’agence nationale des fréquences informe que le Linky communique « à intervalle régulier, pouvant aller de toutes les minutes à toutes les dix minutes ».

André Hatz affirme par ailleurs que « si votre voisin a le Linky, vous héritez de son CPL. Et l’école du village aussi. »

 

❏ LA HAUSSE DE LA FACTURE. Au-delà du coût de l’installation des Linky, dénoncé par la Cour des comptes, le collectif met en avant des factures qui vont augmenter de 10 à 30 %, le Linky prenant en compte différemment la consommation.

 

❏ LE FORCING D’ENEDIS. Les méthodes de l’entreprise publique (installation du Linky forcée même en cas de refus, menaces, manque de transparence, etc.) passent mal. André Hatz appelle à refuser de laisser entrer les techniciens pour changer le compteur et à ne pas tenir compte de leur menace. « Ils n’ont pas le droit de couper le courant », assure-t-il.

 

Sollicité jeudi, Enedis n’avait pas donné suite à nos questions hier soir.

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