Blotzheim Le courant n’est pas passé

22/11/2017

Le trésorier de l’AQV, Pascal Blum, a remis une pétition contre l’installation des compteurs Linky au maire de Blotzheim, Jean-Paul Meyer, ici de dos. Photo L’Alsace/ N.M.

 

l'Alsace  Nadine Muller

Les membres de l’association AQV région Trois Frontières (Association pour la qualité de vie) ont remis, jeudi, une pétition signée par 500 Blotzheimois opposés à l’installation des compteurs Linky.

 

 

Le courant n’est pas du tout passé, jeudi, entre le maire de Blotzheim, Jean-Paul Meyer, et le trésorier de l’Association pour la qualité de vie (AQV) de Blotzheim, Pascal Blum. Ce dernier s’est présenté à la mairie, avec quelques membres de l’association, pour remettre à l’édile une pétition forte de 500 signatures s’opposant à l’installation des compteurs Linky. « C’est une habitante de Bartenheim qui, après une réunion sur le Linky, est venue nous trouver pour que nous lancions une pétition. Puis les habitants de Blotzheim se sont investis pour faire signer cette pétition », explique Mme Grunenwald, présidente de l’AQV.

 

Pour le trésorier d’AQV, « le compteur Linky dégage des ondes électromagnétiques, présente sept points négatifs et son installation manque de démocratie. Et il y a 35 millions de compteurs à changer, alors que les anciens compteurs, qui ont une durée de vie de 60 à 80 ans, fonctionnent encore très bien. Le compteur Linky n’est prévu que pour une durée de 12 à 15 ans de vie et son changement sera à la charge du client ! »

 

« Je ne comprends pas qu’on puisse raconter des choses pareilles »

Une pétition signée par 500 Blotzheimois - dont trois élus de la majorité d’après Pascal Blum - a donc été remise au maire. Un maire pas content du tout : « J’ai eu un coup de téléphone d’une dame âgée en panique. Elle était affolée parce qu’on lui a raconté que le compteur Linky pouvait mettre le feu à sa maison. Je ne comprends pas qu’on puisse raconter des choses pareilles aux gens », fustige le maire. Et Pascal Blum de rebondir : « Il y a un risque. Ces compteurs sont fabriqués en Chine, avec des composants à bas coût. » « Mais la quasi-totalité de nos appareils électriques ont des composants venant de Chine ! », rétorque Jean-Paul Meyer.

 

Pascal Blum pointe aussi du doigt l’installation de ces compteurs, faite, selon lui, « par des personnes manquant de compétences et formées durant un mois seulement. En plus, ils n’informent pas les clients quand ils viennent changer les compteurs. »

Et le trésorier de réclamer que l’installation de compteurs Linky figure à l’ordre du jour du prochain conseil municipal.

Sauf que « juridiquement, la commune n’est plus propriétaire des compteurs. Le pouvoir a été donné au syndicat. Je me suis même renseigné auprès de l’Association des maires de France. Les gens ont le droit de refuser l’installation, mais sachez que tous les maires qui ont refusé se sont fait retoquer ! Et en Suisse, il y a des capteurs depuis longtemps. Mais demandons-nous : qui a instauré ce compteur Linky ? La loi de transition énergétique et donc les écolos », tempête le maire pour qui ces compteurs intelligents sont une avancée dans la modernité.

« C’est une histoire de fric ! C’est notre santé qui est en jeu », lance une membre de l’association.

 

« Linky transmettra des données personnelles »

Les membres de l’AQV signalent aussi que « Linky, qui transmettra des données permettant de savoir quand les gens sont ou pas à la maison, quand ils allument leur four, etc., peut être piraté. »« Une banque aussi peut être piratée », renchérit le maire. « Et que dire des 700 000 antennes relais qui seront installées à hauteur d’homme et qui généreront des rayonnements ? », poursuit la présidente. « Non, ce ne sont pas des antennes, mais des puces, comme celles de nos téléphones portables, qui envoient des données par CPL (courant porteur en ligne). Linky émet par courant porteur en ligne. Je le sais et tu le sais aussi Pascal, tu es électricien comme moi ! », explique le maire.

Car les ondes électromagnétiques restent le plus gros point noir des compteurs Linky pour l’AQV. « Il y a déjà assez d’ondes autour de nous. Avec Linky, il y a en aura encore plus et encore plus de gens hypersensibles », lance Pascal Blum, qui a un téléphone portable sur lui. « Mais nous avons tous des ondes à la maison. Et Linky n’émet que 20 secondes par jour. Et vous voulez de l’énergie renouvelable ? Mais le vent ne souffle pas toujours et le soleil ne brille pas toujours. Linky peut gérer cette défaillance météorologique », tacle le maire.

 

« La commune n’a rien à voir ! »

Voyant que ses propos ne faisaient pas mouche auprès de Jean-Paul Meyer, Pascal Blum est monté d’un cran dans la discussion. « En 2001, tu as été mis en place grâce à l’AQV de Blotzheim… Tu émanais de la liste, tu peux nous rendre ce service et mettre ce point à l’ordre du jour du prochain conseil municipal ou au moins avancer un principe de précaution. Car tu as promis d’œuvrer en faveur de l’environnement ! […] Nous aimerions bien que tu fasses encore plus de mandats en tant que maire… Je dis juste ça comme ça… Nous n’aurons pas de mal à faire une liste… » , devait conclure le trésorier de l’AQV, d’une voix calme.

 

Ce à quoi le maire, rouge de colère, a répondu : « Non, non, non. Je ne suis pas de l’AQV, je n’étais même pas tête de liste ! La commune n’a rien à voir dans cette affaire de compteurs Linky. Allez voir les députés ! »

Les compteurs Linky devraient donc être installés dans la commune de Blotzheim, mais l’AQV ne baisse pas les bras.

 

Source : http://www.lalsace.fr/haut-rhin/2017/11/21/le-courant-n-est-pas-passe

 

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