La fronde anti-Linky s’organise dans le Sud Ouest lyonnais

17/10/2017

Le compteur vert anis, Linky, continue de faire parler de lui et, dans l’Ouest lyonnais, de plus en plus de citoyens s’opposent à son installation. Le collectif “Info Linky Sud Ouest lyonnais” a notamment tenu sa première réunion ce mardi 26 septembre, afin d’informer et d’agir “collectivement”.

 

Première réunion d'informations organisée par le collectif "Info Linky Sud Ouest lyonnais", ce mardi 26 septembre à Oullins • Crédit photo : thiate.fr

 

 

Près de 160 personnes d’Oullins, de Pierre-Bénite, de Francheville, de Chaponost, de Saint-Genis-Laval, etc. ont rejoint le collectif “Info Linky Sud Ouest lyonnais”, qui avait participé au rassemblement Anti-Linky à Bellecour, en mars dernier, avec l’association “Stop Linky”. Dans le même temps, le collectif avait sollicité la mairie de Saint-Genis-Laval pour tenter d’obtenir d’elle un éventuel positionnement anti-Linky.  Le maire, Roland Crimier, a répondu à la négative.

Les compteurs s’installent en ce moment même sur les communes de Saint-Genis-Laval, Sainte-Foy-lès-Lyon, Francheville, Craponne, etc. “Le public est peu informé sur les effets de ces compteurs communicants. Cette conférence permet de faire le point sur ce sujet très controversé”, a expliqué Jocelyne Regnier, membre du collectif, avant d’exposer les effets remis en cause, du fameux compteur d’Enedis, devant près de 80 personnes, visiblement déjà aguerries.

 

L’APPEL À LA RÉSISTANCE

 

Les effets néfastes sur la santé ont évidemment été pointés du doigt. Tous les compteurs électriques actuels émettent des rayonnements de type 50 hertz. Les compteurs Linky utilisent, eux aussi, le courant électrique 50 hertz, grâce au support Courant Porteur en Ligne (CPL), pour transmettre des signaux. Les micro-impulsions de chaque ménage sont envoyées toutes les heures vers des concentrateurs émetteurs de rayonnements, nécessaires à la transmission et à l’exploitation des données par le biais d’antennes. Odette, membre du collectif, domiciliée à Saint-Genis-Laval, confirme que “le compteur aura des effets toxiques sur notre corps. Ce n’est pas pour rien que la loi Abeille interdit le Wi-Fi dans les crèches. Les ondes ont de réels effets sur notre santé”.

 

L’aspect financier a aussi été mis en avant. Pour un coût total de cinq milliards d’euros, 35 millions de ménages devront en être équipés d’ici 2021. Un changement de compteur pour un bénéfice quasi-nul sur la consommation, selon une étude effectuée par Le médiateur de l’énergie. Patrick Buré, membre du collectif, a laissé entendre que certains ménages auraient même reçu une note surfacturée. Sans compter les dysfonctionnements d’appareils électriques que connaissent d’autres ménages depuis l’installation du Linky. Le magazine 60 millions de consommateurs a même consacré un article sur des lampes de chevet qui s’allument toutes seules depuis l’arrivée du “compteur intelligent”.

“Enedis présente le compteur communicant comme favorable à la transition énergétique. À l’en croire, ce compteur sauverait la planète”,s’étonne Sandrine Larizza, membre du collectif. “Or, c’est nocif pour l’environnement car 35 millions de compteurs qui fonctionnent bien et qui ont une durée de vie de 60 ans - soit quatre fois celle du compteur Linky - vont partir à la poubelle. Ce compteur permettra de faire des économies uniquement si le consommateur joue le jeu. Le Linky n’est pas indispensable pour développer les énergies renouvelables. C’est un gaspillage économique et écologique”, poursuit-elle.

Selon les opposants, le Linky est imposé à la population. Enedis exercerait une sorte de “stratégie d’intimidation” en menaçant de couper l’électricité à ceux qui refuseraient la pose du compteur. L’aspect “d'atteinte à la vie privée” a aussi été mentionné. Pour le collectif, Enedis ment lorsqu’il promet que les données seront protégées car les hackers seront capables de les pirater et de les transmettre à des sociétés tierces.

 

L’INQUIÉTUDE DES HABITANTS

 

L’assemblée, composée de quelques personnes électrosensibles, s’est inquiétée des nuisances sur la santé. Un homme domicilié dans le 5e arrondissement de Lyon a expliqué que le compteur communicant était installé chez lui depuis 2011 - Lyon étant la ville pilote avec Tours - : “le compteur est arrivé du jour au lendemain et depuis il est en fréquence 24h/24 et non quelques secondes par heure, comme il est dit. Étant sensible aux ondes, j’ai fait une formation pour intervenir personnellement sur mon Linky et j’ai installé un filtre anti-rayonnements”. Un autre riverain du côté d’Oullins, s’interroge “où puis-je trouver un compteur mécanique parce que le mien ne fonctionne plus bien et je ne veux pas qu’il soit remplacé par un Linky ?”.

 

D’autres semblent révoltés par le fait que l’État et le gouvernement n’interviennent pas pour protéger la population. Un habitant redoute les piratages : “je ne comprends pas pourquoi l’État n’intervient pas à ce niveau et pourquoi Enedis n’est pas inquiété”. Pièce et Main d’Oeuvre, rassemblement de Grenoblois venus témoigner à la réunion, répond que “l’État est le hacker en chef. C’est le premier bénéficiaire de ce système”. Un autre se demande “quelle est la position de Nicolas Hulot, ministre de la Transition écologique et solidaire ?”. Visiblement, il serait favorable aux communicants. Selon Pièce et Main d’Oeuvre, “le problème avec les écologistes, est qu’ils ont en tête que la technologie va nous sauver et qu’ils sont souvent des ingénieurs avant d’être des écologistes, comme c’est le cas pour le maire de Grenoble, par exemple”.

La soirée s’est close sur une question incontournable : “qu’est-ce que nous pouvons faire maintenant ?” Pour le collectif, “il n’est pas possible, individuellement, à long terme, de refuser le Linky , il faut que la résistance soit collective”.

 

• Céline Giraud

 

Source : https://www.thiate.fr/2017/10/02/la-fronde-anti-linky-sorganise-dans-le-sud-ouest-lyonnais/

 

Please reload